Pray for Paris !

Pray for Paris

« La haine tue toujours, l’amour ne meurt jamais »

Cette citation nous vient de Gandhi, et c’est Monique Kolen-Lener, notre directrice artistique, qui me l’a soufflée, je l’en remercie.

Je m’appelle Béatrice, et je suis la responsable de la boutique de la rue Beaurepaire, à Paris, dans le 10ème arrondissement. La boutique se situe à 5 minutes du Petit Cambodge, à 10 minutes du Bataclan.
Ma boutique, c’est ma deuxième maison ; le quartier, j’y flâne, je le connais comme ma poche, ses habitants toujours souriants et rieurs, ses habitudes si parisiennes, la vie en terrasse des cafés, l’insouciance, l’esprit de fête du vendredi soir….
Et mes clientes…
Il y a celles que je connais très bien, avec lesquelles je discute beaucoup, et pour lesquelles j’ai une profonde affection. Et il y a celles qui viennent moins souvent, celles qui sont de passage, mais avec lesquelles j’échange toujours quelques mots, un sourire.
Mon travail est toujours un moment de partage et de bonheur, c’est un quartier très humain où les gens communiquent beaucoup, c’est devenu si rare.
Samedi matin, la boutique de la rue Beaurepaire est restée fermée. Même si j’avais voulu venir, le quartier était bouclé. De surcroît, je vous avoue que je ne m’en sentais pas la force.
Ce matin, passé le choc douloureux, c’est l’émotion qui reste.
Ce texte, c’est pour vous toutes, mes clientes de la rue Beaurepaire, que j’ai voulu l’écrire, parce que j’espère du fond du coeur vous voir passer la porte dans les jours à venir.
Je ne sais pas encore si parmi vous, vos familles, vos amis, il y a des gens fauchés par cette folie vendredi soir.
J’espère que ce n’est pas le cas.
Demain, mardi, je vais retourner à la boutique, et je vous attendrai. Vous toutes ! Mes clientes d’un jour et de toujours.
Je vous accueillerai avec un grand sourire. Nous ne pourrons pas faire comme hier, mais nous ferons comme demain, en continuant à vivre avec un poids au coeur, et parfois les larmes qui montent et qui nous submergent.
Demain et les jours qui vont suivre, nous allons nous remettre à vivre.
Le quartier reprendra ses habitudes, parce que nous devons le faire, parce que nous n’oublierons pas et qu’à chaque fois que nous irons nous asseoir au Carillon, manger au Petit Cambodge, ou danser au Bataclan, nous le ferons pour ceux qui sont partis et pour que la vie soit la plus forte.

A tous ceux qui ne sont plus là, mais aussi à tous ceux qui restent.

Béatrice, responsable de la boutique chemins blancs rue Beaurepaire.

Ce texte a été écrit en accord avec ma direction, qui s’associe au drame que nous venons de vivre et m’a laissé prendre la parole. Chemins blancs, c’est aussi cela, une entreprise humaine. Je les remercie.

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